Rendons ici hommage aux femmes résistantes et aux agents secrets alliés du Special Operations Executives (S.O.E.) qui ont œuvré pour la libération de Louhans et de ses environs, en zone libre et rurale. La notion géographique est évanescente en raison du caractère mouvant et adaptable de la résistance féminine. En effet, c’est un phénomène apparu au gré de la diversité et de la chronologie des actions féminines dès le mois de juin 1940 : c’est-à-dire au-delà de l’échelle départementale. D’ailleurs, la notion d’arrondissement avait disparu en raison de la ligne de démarcation. La Sous-Préfecture de Louhans avait été supprimée et les usagers se rendaient à Lons-le-Saunier.C’est un hommage appuyé à leur abnégation à toute épreuve, courage, compétence, discrétion, civisme et à leur patriotisme. C’est encore leur attachement à la noble cause d’œuvrer à la paix, la liberté du peuple français et à la Démocratie.Ces femmes étaient alors juridiquement mineures, politiquement discriminées et socialement marginalisées.Célibataires ou mères de familles, parfois nombreuses, elles ont Osé désobéir !Elles peuvent être nées sur le sol bressan, aux confins ouest du Jura et de l’Ain, ou à l’étranger (Grande-Bretagne, Ecosse, Suisse, Allemagne, USA, Russie, Roumanie), et de confessions diverses (catholique, protestante, juive ou musulmane).Elles étaient plutôt jeunes, âgées entre 20 et 40 ans. Cependant, elles pouvaient être encore collégiennes (jeunes agents de liaisons) ou des femmes âgées de plus de 60 ans qui pratiquaient l’hébergement clandestin.Elles pouvaient être agricultrices, institutrices, professeures, postières, serveuses ou commerçantes. Elles pouvaient être affiliées aux réseaux Combat, Libération-Sud, Jean-Marie Buckmaster (section F), Porthos, M.U.R.s, Marc Breton, Grand-père, ou elles appartenaient à des groupes comme Dubois, etc …Certaines résistantes ont été déportées aux camps de concentration de Ravensbrück, Dachau, et Natzweiler-Struthof, et aussi plus secondairement aux camps de Flossenburg et de Gurs.Par contre, ces résistantes ont été peu décorées car elles sont restées silencieuses et ont été négligées après-guerre. Seules 2 % ont reçu la médaille de la France Libre, 6 % la Légion d’honneur, 11 % la Croix du Combattant et 12 % la Croix de Guerre. Seules les sœurs Bergerot ont été gratifiées de la décoration britannique « The Silver Laurel » (le laurier d’argent).Terminons cet hommage en citant la résistante Lucie Aubrac concernant la notion de résistance féminine : « C’est la participation des femmes qui a donnée à la Résistance son extension et sa profondeur parce-que les hommes étaient absents … les femmes se sont trouvées en première ligne face aux injustices, aux arrestations. La Résistance des femmes en France a été un vrai phénomène de société ».En conclusion, la résistance au féminin, notion fluide, mouvante et libre de toute contingence territoriale, en raison de la diversité des actions, a été une étape au cours de l’évolution féminine, au gré des ans et des évènements depuis juin 1940.C’est notre devoir de sauvegarder leur idéal de justice et de paix à jamais.